Les trois derniers films que j’ai vus

Cette fois-ci je vous parle lutte contre le Sida, romance british et chiens bannis sur une île. Voici les trois derniers films que j’ai vus.

120 Battements par minutes – Robin Campillo

Ca se passe dans le début des années 90 et ça raconte une histoire plutôt bouleversante. A cette époque, le SIDA tue des milliers de personnes depuis plusieurs années déjà. On suit l’arrivée de Nathan dans le groupe militant Act’up-Paris qui mène de nombreuses actions pour lutter contre l’indifférence générale. C’est un sujet assez dur qui est traité dans ce film. On parle quand même d’un groupe de personnes séropositives (donc plus ou moins en train de mourir) à une époque où le sida était une maladie incomprise, un sujet tabou. Les traitements étaient expérimentaux, pas super au point (voire inefficaces) et avec des effets secondaires terribles. Le gouvernement n’en avait sensiblement rien à faire à tel point que la prévention, l’information et la communication étaient quasi inexistantes alors que cette maladie faisait des ravages… autant vous dire que les parcours de ces gens sont loin d’être une croisière dans les Caraïbes.

Pour moi qui suis née dans les années 90 et qui étais trop petite à l’époque pour comprendre quoi que ce soit au sujet, tout ça est très choquant. Le film a pour but de montrer les faits, tels qu’ils étaient à ce moment là. Et on a juste l’impression d’être au 18e siècle ! On dirait que les mecs essaient de traiter les premiers cas de peste alors que, fichtre ! On est en 1990 quoi ! C’est assez déroutant. Ce qui est aussi très choquant c’est de voir comment les labos et le gouvernement traitent les séropositifs. Les médias ne parlent pas de ce sujet et l’épidémie engendre des problèmes sociaux en plus de tout le reste. Je vous raconte pas la prise de conscience.

Graphiquement le film est très intéressant et combiné à la musique, ça donne une atmosphère incroyable, très intense et assez difficile à décrire. C’est évidemment très bouleversant (j’ai pleuré du début à la fin) sans être trop mélodramatique. On regrette juste un peu les clichés. Il n’y a qu’un seul personnage concerné par l’affaire des poches de sang contaminé, les autres sont tous homosexuels. Il n’y a pas d’hétéros, de prostituées, de drogués… Même si certaines scènes mettent en lumière le fait que le sida n’est pas une maladie qui concerne seulement les homos, le contexte ne soutient pas l’idée à 100%.

Cliché N°2 « le sida c’est le sexe ». Et là encore, bah non (bon y’a une scène de 30 secondes où ils parlent de seringues, admettons que j’abuse un peu).  Mais (c’est la seule chose que je n’ai pas aimée dans le film) on a droit à une magnifique scène de sodomie qui dure facilement 5 à 6 minutes. Rien à voir avec le fait que ce soit deux hommes, mais les scènes de sexe un peu trop ostentatoires au cinéma ça me met toujours un peu mal l’aise (pénis, anus et vagins confondus). On en voyait beaucoup et il n’y avait pas de musique ! Donc les bruits rendent la scène totalement réaliste et surtout c’est totalement malaisant. Ça se voulait érotique alors que ça frôlait le porno. J’avais l’impression d’être dans la pièce avec eux! Et je suis pas sûre que, filmé de cette façon, ça apporte grand chose au film. En revanche, je trouve ça bien de voir des scènes de sexe homosexuel dans un film, parce que ça aussi c’est tabou au cinéma et ça ne devrait pas l’être.

About Time (Il était temps) – Richard Curtis

Je vais être beaucoup plus concise pour ce film parce que je ne peux pas vous en dire trop sans vous spoiler. « Il était temps », c’est l’histoire d’un homme qui apprend que dans sa famille, les hommes ont le pouvoir de voyager dans le temps. Il va se servir de ça pour conquérir la femme de sa vie et pour prendre soin des gens qu’il aime.

C’est absolument magnifique, plein de tendresse, de poésie et d’humour. Ça parle de la vie, de ses hauts et de ses bas, des regrets qu’on peut avoir, des différents moments par lesquels on passe tous. Pour ne rien gâcher, le casting est super chouette : Domnhall Gleason, Bill Nighy, Rachel McAdams… la musique match parfaitement (en plus y’a une magnifique chanson de Nick Cave) et le réalisateur, vous ne connaissez peut-être pas son nom, mais vous avez forcément vu un de ses films : « Love Actually », Coup de « Foudre à Notting Hill » ou bien « 4 mariages et 1 enterrement ». Et si vous avez aimé un de ces trois films (ou les trois), alors vous allez adorer celui-là. Bref, un excellent film british à consommer sans aucune modération.

Isle Of Dog (l’île aux chiens) – Wes Anderson

NOUS Y VOILA ! J’ai gardé le meilleur pour la fin. « Isle of dog » est le dernier film du génie Wes Anderson. Le synopsis : en raison d’une épidémie de grippe canine, le maire de Megasaki ordonne la mise en quarantaine de tous les chiens de la ville. Il sont envoyés sur une île qui devient alors l’Ile aux Chiens. Le jeune Atari, 12 ans, vole un avion et se rend sur l’île pour rechercher son fidèle compagnon, Spots. Aidé par une bande de cinq chiens intrépides et attachants, il découvre une conspiration qui menace la ville.

Evidemment, ça fait écho à Fantastic Mr. Fox que Wes Anderson a réalisé de la même manière. Je ne sais pas expliquer pourquoi mais on se sent toujours extrêmement bien dans ses films, on a envie qu’ils ne finissent jamais. C’est d’une douceur et d’une poésie infinies, c’est drôle et alors qu’est-ce que c’est beau ! C’est un maître en matière d’animation. D’ailleurs, avec ce film il a voulu rendre hommage à Hayao Miyazaki, un autre maître de l’animation, et on ressent vraiment l’influence du génie japonais. Les décors sont extrêmement riches, détaillés, soignés, la musique est superbe, les personnages très attachants. On n’en attendait pas moins ! Et ayant vu le film à Londres, j’ai eu la chance d’aller visiter l’exposition consacrée aux décors de tournage juste après le visionnage du film. C’était magique !

A très vite pour d’autres trucs à lire et à regarder.

La bise 

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